Dans un audio d’une minute et 5 secondes, très partagé depuis la confirmation du premier cas de la maladie à virus Ebola à Goma, la voix d’une femme dit ceci en kiswahili : « Bonjour, la nouvelle qui circule, qui est passée même à la télé, est que l’on va commencer une campagne de vaccination contre Ebola chez nous au Kivu, dès le lundi prochain. Ne l’as tu pas vue ? Ce n’est pas Ebola, c’est une cible (target) des rwandais pour commettre un massacre au Congo. Leur Ebola là n’existe pas au Congo. J’ai appris qu’un médecin et trois individus qui à qui ont injecté ce vaccin sont tous morts. Alors partage largement cette information».

La voix non encore identifiée poursuit jusqu’à inciter les gens à s’en prendre aux équipes de la riposte.

« Que personne n’accepte ce vaccin, dis-le à tous tes frères que tu connais. Dis-leur de ne pas accepter ce vaccin. Et si possible, qu’ils attaquent à la machette toutes ces personnes qui viennent avec ce vaccin pour qu’ils retournent d’où ils viennent. Que les gens fléchissent seulement les genoux et seul dieu les protégera. Il n’y a aucun vaccin, il n’y a aucune maladie, il n’y a pas Ebola au Congo » dit-elle.
 
Partagés même dans les groupes whatsapp des Congolais de la diaspora, cet audio n’est rien d’autre qu’une rumeur non fondée. Méfiez-vous en car  ce n’est rien qu’un appel gratuit à la haine et à la violence. 
La vérité c’est que plusieurs dizaines de milliers de personnes, dont l’ex gouverneur du Nord-Kivu Julien Paluku, Monseigneur Melschisédeck ou encore Mbusa Nyamwisi, se sont déjà faites vaccinées et elles ne sont pas toutes mortes.
 
Le vaccin utilisé dans cette épidémie d’Ebola s’appelle rVSV-ZEBOV, fabriqué par le groupe pharmaceutique Merck, approuvé depuis le 20 mai 2018, et offre une protection dix jours après la prise. Selon le ministère de la santé, son efficacité est estimée à plus de 97 %.
Mais attention, même vacciné, on est appelé à observer les mesures d’hygiène car on peut toujours attraper la maladie.
Jusqu’au 22 juillet, 171 052 personnes étaient déjà vaccinées.

Factcheck Ebola