Entre la fin de l’année 2019 et le début 2020, une capture d’écran avec la photo de Sophia Pickles, ancienne chargée de campagne et enquêtrice de chaine d’approvisionnement pour l’ONG britannique Global Witness et actuellement membre du groupe d’experts de l’ONU en RDC a fait la une sur les réseaux sociaux en RDC.

Sur ce contenu multimédia est repris le texte suivant : « Nous avons demandé aux responsables des mines du Rwanda de nous donner les statistiques de productions locales, mine par mine. Jusqu’à ce jour, on ne nous a rien donné. On nous fait toujours attendre ».

Dans le souci de vérifier l’authenticité de ce document, CONGO CHECK est entré en contact avec Sophia Pickles, qui a été surprise de recevoir ce message, en décembre 2019. Sophia Pickles qui reconnaît avoir peut-être déclaré quelque chose de similaire il y a de nombreuses années aux médias internationaux, lorsqu’elle travaillait à Global Witness indiquait ne pas être capable de dire que cette citation est exacte.

Contacté par CONGO CHECK, le département de communication stratégique des Nations unies reste formel par rapport à l’inexactitude de cette déclaration.

Dans un message email envoyé à CONGO CHECK, le département note qu’une citation de Sophia Pickles, Experte pour les Nations Unies, et datant de 2012 circule sur les réseaux sociaux depuis décembre 2019 « et a été utilisée hors contexte ».

« La citation diffusée semble avoir été extraite d’un article de presse publié en juillet 2012 sur le site web de La Tribune Franco-Rwandaise. Cet article faisait lui-même partie d’un ensemble plus large examinant l’aide étrangère apportée au Rwanda à cette époque. Le nom de Mme Pickles a été mal écrit dans la citation originale et dans la version diffusée en 2019 » écrit le mail.

« Sophia Pickles est engagée dans la recherche sur le commerce régional de minerais en Afrique centrale depuis plus d’une décennie dans le cadre des efforts mondiaux visant à établir des chaînes d’approvisionnement responsables de minerais partout dans le monde. La citation de 2012 diffusée par les médias en décembre 2019 ne reflète pas l’analyse globale de Mme Pickles, qui souligne à la fois les améliorations dans la gestion du secteur régional des minerais et les défis y existants, y compris au cours des huit années qui ont suivi 2012. Des exemples de cette analyse et d’autres travaux effectués par Global Witness en vue de mettre en place une production et un commerce transparents des minerais peuvent être consultés sur le site web de l’organisation » renchérit le texte reçu par CONGO CHECK.

«De plus, si en 2012 et les années précédentes, Global Witness avait demandé les statistiques de production d’étain, de tantale, de tungstène et d’or au gouvernement rwandais, l’organisation avait aussi demandé les mêmes informations au gouvernement congolais et à d’autres gouvernements de la région. La citation diffusée ne reflète pas cela, ce qui rend l’information incomplète» précise le message.