Un vif débat s’observe depuis le début de cette semaine autour des révélations d’une imminente exportation de certaines espèces animales de la république démocratique du Congo vers la Chine.  Après plusieurs condamnations des organisations non gouvernementales et une inflammation tous azimuts sur les réseaux sociaux congolais, le ministre de l’environnement a tenté de se justifier mais le contenu de son démenti suscite des interrogations. Analysons ensemble.

Accusé par beaucoup d’analystes de la complicité dans ‘’la vente’’ des espèces animales rares et en voie d’extinction, le ministre de l’environnement et développement durable a démenti tout en tenant d’apporter quelques clarifications.

‘’Le ministère de l’environnement porte a la connaissance de l’opinion que contrairement à ce qui circule sur les réseaux sociaux depuis un temps au sujet de la vente présumée de certaines espèces animales protégées a deux zoos chinois, aucune action allant dans ce sens n’a jamais été envisagée’’ a déclaré le ministère dans un document datant de ce 25 juin 2018.

Il précise que sa correspondance ne devrait pas être considérée comme un permis d’exploitation ‘’mais comme une instruction à l’ICCN (Institut congolais de la conservation de la nature) de procéder à l’examen du dossier soumis par le requérant pour sa conformité à la convention CITES’’.

Incohérence?

En effet, dans une lettre d’accusée de réception datant du 08 juin, le ministère de l’environnement répondait à monsieur LIUMINHENG directeur de Tianjin Junheng international Trade corporation(l’organisation demandeuse d’espèces animales de la RDC), qu’une équipe d’experts congolais allait être dépêchée en Chine pour se rassurer de l’accueil et de la meilleure conservation de ces différentes espèces en provenance de la République démocratique du Congo. Dans le même document, le ministre de Amy Ambatobe  a ensuite demandé au directeur de l’Institut congolais de la conservation de la nature ‘’de prendre des dispositions utiles pour l’aboutissement heureux de ce dossier’’. Le directeur de l’ICCN qui visiblement n’a pas été d’accord avec la demande du ministre a rappelé dans sa réponse datant du 21 juin dernier, la procédure à suivre instituée par la convention CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction).

En lisant objectivement la première lettre du  ministre (celle par laquelle il annonce l’envoi d’une équipe d’experts en Chine pour se rassurer de l’accueil des animaux demandées), c’est clairement quelqu’un de certain que le processus entamé va aboutir. Pendant que dans son démenti, l’autorité explique qu’il ne faisait qu’informer l’ICCN qui est l’organe habilité. L’ICCN d’ailleurs qui dans sa réponse, explique au ministre la procédure à suivre. Il n’en valait donc pas la peine pour l’ICCN d’expliquer au ministre la procédure si ce dernier la respectait déjà.