COVID-19 : automédication par Kongo Bololo, des morts et des dislocations des familles à Kinshasa

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Vente des feuilles de Kongo Bololo dans le district de la Tshangu. © Facebook de Cedric Mudiantu

Quelques jours après la notification du premier cas de COVID-19 dans la ville de Kinshasa (début mars 2020), des personnalités publiques ont fait allégeance à la consommation du jus Vernonia amygdalina communément appelé Kongo Bololo. 

Chanteur, danseur, producteur, compositeur et auteur de pop et de musique africaine suédois d’origine congolaise, né d’un père congolais et d’une mère suédoise, cumulant plusieurs centaines de millions de vues sur Youtube, Mohombi Moupondo a mobilisé à la consommation du Kongo Bololo pour renforcer le système immunitaire. La vidéo qu’il a partagé sur sa page Facebook (plus d’un million d’abonnés) a été partagée 51 fois, commentée 121 fois et visionnée plus de 8.100 fois.

RDC Ensemble Contre COVID19 (une campagne en ligne de sensibilisation aux mesures préventives au Coronavirus (COVID-19) de MILRDC, UCOFEM et ACOFEPE en RDC) note que le Kongo Bololo, célèbre plante médicinale, utilisée notamment dans le traitement du paludisme, s’est vendu en masse comme depuis l’annonce des cas du COVID-19 en RDC le 10 mars.

Des morts et dislocations de familles rapportées dans la ville de Kinshasa

Dans un entretien avec Congo Check, Tryphon Woobin,bourgmestre de la commune de Mont-Ngafula dans la ville de Kinshasa, confirme la mort de trois enfants après avoir été purgés de jus de cette plante médicinale par leur mère. La femme a été répudiée par son mari. La femme, arrêtée puis relâchée est décédée quelques jours après, confirme la même source sans préciser la cause de son décès.

« Elle est morte trois jours après l’enterrement de ses enfants. Il paraît que l’homme avait répudié. Avec tous ses soucis, un jour, elle revenait du marché, elle est tombée, elle est morte. Elle avait été remise en liberté pour aller enterrer ses enfants » déclare Tryphon Woobin, bourgmestre de la commune de Mont-Ngafula dans un entretien avec Congo Check.

Même scène à Kikwit, mais pas confirmée par les autorités administratives et sanitaires

« Mes amis, attention à cela, une mère ici à Kikwiti a bouilli et pulvérisé le Kongo Bololo et le lier à ses 5 enfants et plus tard la nuit, ses enfants sont morts » écrivait une internaute dans un forum Whatsapp.

Auprès de Congo Check, le maire de la ville de Kikwit et le médecin directeur de l’hôpital de la même entité rapportent des morts par intoxication, mais ne les lient pas à une consommation de Kongo Bololo.

« Nous n’avons pas reçu des cas d’intoxication aux plantes médicinales Kongo Bololo. C’est l’année passée, nous avons reçu deux enfants qui ont pris des champignons. Je ne sais pas quel type. C’était le mois de février, pas cette année, mais de l’an passé» souligne le docteur Georges Kikoso, médecin chef de staff de zone de l’hôpital de Référence de Kikwit 1, une institution mère de la ville.

«Ces enfants là, l’un est décédé. L’autre non. Un autre garçon que nous avons reçu cette année, il aurait pris de la soude caustique pour se suicider mais nous l’avons sauvé. Ce qui est de Kongo Bololo, nous n’avons pas eu des cas pareils» rapporte-t-il.

Des sources médicales appellent à la prudence

«COVID-19: Stop Kongo Bololo (Vernonia Amygdalina). Mâcher des feuilles ou prendre des infusions du KB ne protège ni ne guérit du #COVID19. Plante possédant plusieurs effets pharmacologiques risque d’intoxication avec insuffisance hépatique & Rénale si surdosage » interpelle le docteur Mariettie Dialungana, Médecin fondatrice et présidente de Generous ASBL également Health Team Leader du Réseau Gédrofe RDC.

De son côté, l’ONG Médecins Sans Frontières prevenait dans un post du 31 mars, qu’aucune preuve ne prouve l’effet curatif du Kongo Bololo. « Attention ! Rien ne prouve que l’utilisation du « Kongo Bololo » soigne le coronavirus. Pour se protéger contre cette maladie, il faut régulièrement se laver les mains, garder une distance d’un mètre entre vous et respecter les instructions des autorités sanitaires. Partageons tous ce message afin de contribuer à sensibiliser les gens autour de nous ».

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